vendredi 28 août 2015

SUSPICION À ... TERNATE ?

Il y a quelques jours de cela, un couple d’amis français est passé à la maison afin d’essayer de mettre à jour les programmes de leur laptop. En effet ils utilisent une clé 3 G et le débit n’est pas suffisant pour  downloader plusieurs gigabits. 


Il faut savoir que Pascal et Carmela, qui arrivent du Cambodge où ils ont vécu environ un an, se sont installés à Ternate au mois d’avril de cette année. Ils louent une petite, mais presque grande maison, qui se situe au bord de la rivière, mais sur l’autre rive ; ils sont rive gauche, nous habitons rive droite.

Tendis que pascal essayait d’avoir un débit suffisant pour la mise à jour de ses programmes, nous parlions de choses et d’autres et à un moment de la discussion nous  en sommes arrivés à reconnaître que, vivant aux Philippines, nous n’avions pas vraiment l’impression de vivre en Asie du  Sud-est.

Le dépaysement n’est pas aussi complet qu’il peut l’être en Malaisie, en Indonésie, en Thaïlande ou au Cambodge. Pas de bonzes ici, pas de pagodes, des bâtiments comme l’on peut en trouver partout dans le monde, un alphabet qui est le nôtre, la majorité  des gens qui parlent anglais, des tenues vestimentaires très occidentalisées, etc., j’en ai parlé longuement dans un autre billet… je n’insiste pas.


Donc Pascal et Carmela me faisaient savoir, je rappelle qu’ils sont arrivés il y a quatre mois, que de par leur expérience de grands voyageurs, ils avaient plus l’impression de vivre en Amérique centrale, voire en Amérique du Sud qu’en Asie du Sud-est. Honduras, Nicaragua, Costa-Rica, dans une certaine mesure le Guatemala, ont plus de ressemblances avec les Philippines qu’avec le Cambodge ; c’est une évidence qui saute aux yeux du voyageur qui connait un peu. Cela peut en déconcerter certains, voire en décevoir beaucoup, mais ceci n’est qu’une impression première. Sous cette apparence de peuple très occidentalisé, si vous faites l’effort de gratter un peu le vernis qui le recouvre, vous découvrirez une culture qui est unique.

Je me souviens de mon retour au début des années 90. Après plus de dix ans sans être revenu aux Philippines, j’ai eu l’impression de débarquer au Mexique. Hommes un peu rebondis et moustachus, la route de l’aéroport, qui était en réfection, bordée de barrières de couleurs bariolées, principalement du vert, du jaune, du rouge et du blanc… je m’attendais presque à voir un Philippin basané allongé sur le sol son sombrero sur le nez !

De plus, nous étions attendus dans le hall de l’aérogare par un orchestre qui aurait eu sa place à Guadalajara.

Mais la Chine n’est pas loin et les fils et petits fils de Confucius sont bien présents sur l’archipel.

Tout à coup Pascal m’a posé une question, dont je dois avouer n’avoir pas très bien saisi le sens sur l’instant : « Les gens de  Mindanao sont ils plus ouverts, plus souriants et plus enjoués que les gens de Ternate ou de Manille? » Et afin de préciser sa question, il me donnait comme exemple mon épouse et une de ses sœurs, toutes deux présentes lors d’une précédente discussion et qui sont originaires de Davao City.


Ce qu’il souhaitait  savoir  c’est si les habitants du sud de l’archipel sont plus ouverts aux étrangers que le sont ceux de notre région. Je dois dire que sa question m’a un peu surpris, dans la mesure où il me disait, dans les semaines qui ont suivi son arrivée à Ternate, qu’il se sentait plus à l’aise ici avec la population locale, que dans les autres pays d’Asie du Sud-est dans lesquels il avait vécu ces derniers temps.

En quelques semaines, sa perception de l’archipel avait radicalement changée. Les Philippines passant de la première à la dernière place, bien loin derrière la Thaïlande, la Malaisie et le Cambodge, ceci en termes d’accueil et d’ouverture des populations locales aux ’’Étrangers’’.

Mais les conditions ne sont pas vraiment les mêmes. Ternate n’est pas vraiment, pas du tout en fait, une station touristique pour étrangers. Qu’il y passe quelques touristes occidentaux, oui, que ces touristes s’y installent, non. Les rares étrangers qui se sont installés, ou ont vécu ici, étaient tous mariés avec des ‘’Pinay’’.

Donc les locaux, après un certain temps, vont se poser des questions.                           
Que vient faire ici ce couple occidental, quel est exactement son business, que fait-il, de quoi vit-il, quelles sont ces intentions, etc. ? Et à partir de ce moment, les locaux vont avoir tendance à se refermer sur eux-même vis-à-vis de ce couple. Touristes pour quelques semaines, oui… mais après la suspicion s’installe. Viennent-ils ici pour acheter nos terres, monter un resort, nous faire concurrence avec une autre sorte de business ? Voire chercher le trésor de Yamashita, le  trésor qui serait caché dans les environs de Ternate, proche de Puerto Azul, c’est ce qui se dit tout du moins.  


  
Étonnant quand on sait que Pascal et Carmela m’ont relaté leur périple en ‘’Tandem’’, vélo a deux places pour ceux qui ne connaitraient pas, entre Ternate, Tagaytay, Nasugbu et retour sur Ternate par la nouvelle route qui serpente dans le Parc National du Mont Palay.

Contrairement à Kep, ville en bord de mer du Sud du Cambodge où sont installés de nombreux  étrangers, je crois me souvenir que Pascal m’a parlé d’une soixantaine de Français qui vivent et pour certains y ont leur business, à Ternate les étrangers ne sont pas légion. Aux dernières nouvelles, nous devrions être deux Français, sans compter Pascal et Carmela!

Il y a encore quelques années il y avait un ressortissant Britannique et un Américain. Je crois également me souvenir qu’un Allemand a vécu ici quelques mois, mais tous ces étrangers étaient mariés à des Philippines. Pas de couples d’étrangers.

Petite précision, mais qui a son importance : Pascal et Carmela font très jeunes et de plus ont pris une retraite bien anticipée, ce qui fait que bien peu de gens s’imaginent qu’ils sont des retraités.

Très étonnant cette nouvelle vision qu’à Pascal de l’hospitalité, de l’accueil des Philippins, surtout après m’avoir conté l’histoire de leur randonnée sur Taal et ses environs. Ils ont été partout très bien reçu, ont dîné et même logé, gratuitement, chez l’habitant. Partout où ils sont passés, ils n’ont rencontré que gentillesse et sympathie de la part des locaux, parfois même de l’aide.

À noter que, mais en cela je les avais prévenus, faire une petite ballade à vélo de quelques kilomètres autour de son lieu de résidence, c’est possible ; se lancer dans des randonnées de plusieurs dizaines de kilomètres, je déconseille vivement, même en tandem. 
Pour moi les différents obstacles pour faire de grandes randonnées à bicyclette sont la chaleur, les pentes, l’on a l’impression de plus monter que de descendre et la circulation anarchique pour ne pas dire plus.
Mais il y a un autre inconvénient et non des moindres, auquel je n’avais pas pensé : la pollution !



Ces bus, camions, jeepneys, tricycles qui rejettent dans l’atmosphère des nuages de fumées polluantes et puantes et qui du fait d’une vitesse plus grande que celle d’un tandem, dépassent tous ce dernier, si possible en accélérant dans des fumées noires de moteurs mal réglés.
Pascal en a été sévèrement incommodé et a éprouvé de sérieuses difficultés à terminer le parcours qu’il s’était imposé. Il a mis plusieurs semaines à s’en remettre.

Cette histoire de changement d’attitude des locaux vis-à-vis des étrangers, je ne m’en étais pas vraiment rendu compte. Il faut dire que rares sont les couples d’étrangers qui séjournent plusieurs mois à Ternate, en fait à ma connaissance Pascal et Carmela sont les premiers à faire cette expérience.

Le Ternateño est méfiant. Si, comme les autres Philippins il a connu la colonisation espagnole, puis celle des Américains, il faut également savoir qu’il y avait une garnison japonaise à Ternate, garnison qui a commis de nombreuses exactions durant la seconde guerre mondiale. De plus, comme expliqué dans d’autres billets, Ternate était une voie sans issue, le terminus de nombreux provinciaux arrivés à Manille et qui cherchaient à s’en échapper. Donc le local de souche, le véritable Ternateño, celui qui parle encore le Chavacaño, à quelque peu tendance à se méfier de tout ce qui est ‘’étranger’’.

Pascal et Carmela vont prochainement nous quitter et aller s’installer dans une province éloignée de la capitale. Cette province profonde est restée la même au fil des ans, rien n’y a vraiment changé depuis des décennies. À mon avis ils devraient y être très bien reçu et ne pas ressentir ce sentiment presque de suspicion qu’ils ont ressenti chez nous.


De nombreux couples de Français, Belges, Suisses et autres occidentaux vivent en permanence sur l’archipel. À ma connaissance ils n’ont jamais été confrontés à ce sentiment de suspicion rencontré surtout par Pascal. Mais il faut dire que ces couplent vivent à Manille, Puerto Galera, Boracay, Cébu et autres lieux hautement touristiques.


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mercredi 27 mai 2015

LE CHOC DES CULTURES ... DEMEURE !

Il s’agit d’un billet que j’écrivais en juillet 2010, cinq ans déjà et pourtant vous pouvez me croire, les choses n’ont guère bougé. Oui, les grattes ciel sont beaucoup plus nombreux dans la  ‘’National Capital Region’’ ; l’on peut même dire qu’ils ont poussés comme champignons de couche à Makati, Fort Bonifacio Global City, Alabang ; le front de mer est méconnaissable, les terres gagnées sur la mer sont sillonnées de larges avenues et du Roxas Boulevard, du fait des buildings, il n’est plus possible d’apercevoir la mer.


Autour de la capitale et jusque dans certaines provinces, même les plus reculées, le réseau routier se transforme.

Des portions d’autoroute, je précise à péage, ont vu le jour et désengorgent les approches de la capitale. De nombreuses déviations permettent désormais d’éviter les bouchons qui se formaient dans les centres-villes de province. Les routes à deux voies se transforment en quatre voies, celles à quatre passent à six…

Oui mais, la culture philippine demeure !
Elle est là, bien ancrée, profondément enracinée dans les mentalités locales et pas près de changer !

La première chose que vous aurez à faire en arrivant aux Philippines c’est de vous adapter à la culture locale.

Ce n’est pas si facile, cela peut prendre des années, certains ne ce sont jamais adaptés et sont retournés dans leur pays d’origine. L'on considère généralement que cinquante pour cent des personnes occidentales qui viennent aux Philippines pour s'y installer, repartiront dans les trois à cinq ans qui suivent leur arrivée.
Si la chaleur, la barrière de la langue ou l'éloignement du pays y sont pour quelque chose, le manque de préparation à l'expatriation y est pour beaucoup.

Une expatriation à douze mille kilomètres de ses bases, cela se prépare ; il ne s'agit pas de changer de quartier dans votre violle, voire de province dans l'hexagone.

Si, apparemment le Philippin semble très imprégné de la culture occidentale, ce n’est souvent qu’une impression première et comme chacun d’entre nous, vous aurez des surprises.

Tout comme nous, les Philippins conduisent, mangent, boivent, dorment, travaillent … Tout comme nous et pourtant pas comme nous. N’essayez pas de les changer. Premièrement ils sont chez eux, ils sont les hôtes et vous êtes leur invité, deuxièmement vous n’y arriverez pas. Nous avons tous plus ou moins essayé et avons tous renoncé après un temps plus ou moins long.


En général nous marchons à coup d’ajustement, ce qui veut dire que nous ajustons notre comportement, nos réactions en fonction de ce qu’ils attendent de nous. En gros ne pas réagir ou réagir intérieurement ; déception, regret, ennui, colère … ne doivent pas se refléter sur votre visage ou dans votre comportement.

Exemple, très fréquent : vous conduisez votre voiture sur une route correcte à 60/70 km/h ; sur le côté droit une voiture est garée ; vous arrivez à moins de 50 mètres de l’autre véhicule qui, sans clignotant commence à faire un demi-tour sur la route et vous oblige à piler ; si vous avez la chance d’avoir affaire à une jeep locale ça peut prendre du temps car ce genre de véhicule ne tourne pas, un 180º nécessite au moins cinq ou six manœuvres.

On se calme, respirez un bon coup … N’essayez surtout pas de forcer le passage, c’est comme s’il avait la priorité et vous courrez droit à l’accident. Pas de bras d’honneur, pas de klaxon ou de vociférations, souriez et ‘’bienvenue aux Phils.’’ La pilule est quelques fois difficile à avaler.

Après plus de dix-huit années passées ici je ne sais toujours pas si je suis bien adapté, mais je m’ajuste pas mal.

Quelques autres exemples. Il y a quatre ans j’ai acheté une nouvelle motocyclette. Après quelques centaines de kilomètres, le CDI (système électronique commandant allumage et arrivée d’essence) HS. Pas de problème, changé sous garantie après une attente de deux ou trois jours pour la pièce.

J’en profite pour demander une vis chromée pour la protection du pot d’échappement et une pièce plastique pour la poigné d’accélérateur. Pas en stock, il faut commander ; ok commandons ! Je repasse après une semaine, pas de pièces. Deux, trois, quatre fois je retourne au magasin, toujours pas de pièces.

Je demande à parler au Manager. Explication, les vis sont vendues par quinze et la pièce d’accélérateur par trois. Moralité, si je veux avoir ma vis et ma pièce plastique il me faut commander 15 vis et 3 pièces d’accélérateur ! Simple, non ?


La semaine suivante j’avais mes pièces. Le problème est le suivant : les gens ne savent pas dire directement ‘’non’’ avec les explications nécessaires et le mécanicien, à qui j’avais initialement passé la commande, était gêné de me dire qu’il fallait commander les vis par quinze et la pièce plastique par trois.

J’avais besoin de ‘’reloader’’ c'est-à-dire de mettre du crédit sur le compte de mon téléphone cellulaire (portable), mon cellphone.

Deux solutions, soit acheter une carte (P300/P500/P1000), carte que l’on gratte pour avoir un numéro que l’on introduit dans le cellphone, soit demander de loader (entre P5 et P5.000) à une personne qui a un compte (déduction de son compte et transfert du montant sur votre compte). Me trouvant dans un centre commercial où se trouvent au moins une cinquantaine de kiosques qui vendent, réparent les ‘’portables’’, qui ont cartes, accessoires et qui reload, no problem.

Premier kiosque dans lequel se trouvent cinq ou 6 vendeuses ; personne ne s’occupe de moi … second kiosque dans lequel ils n’ont pas de load pour ma compagnie de téléphone ; troisième kiosque, le vendeur ‘’sorry I’am busy’’, alors qu’il ne fait rien d’autre que de se tenir debout , appuyé contre son comptoir ; finalement après quelques autres kiosques, j’avais mon portable avec P200 de crédit.

OK, le portable c’est réglé, il me faut maintenant une photo d’identité. La boutique de Kodak ; je demande à la vendeuse, dans la langue locale pour être sûre qu’elle comprenne bien : ‘’Kaitangan ko ng 2X2 ID Maari mo ba akong tulungan?’’(J’ai besoin d’une photo d’identité de 2X2, pouvez vous m’aider?) Sa réponse (en anglais): Monsieur, vous avez besoin d’une US Visa photo ?

Ma réponse : non juste une normale 2X2 photo d’identité.
‘’US Visa photo, Sir?’’
Non, je suis Français et je n’ai pas besoin de Visa US.
‘’Do you need a US Visa photo, Sir?’’
Désolé, je vais voir ailleurs.
A quelques mètres de là, je m’adresse à un autre photographe en demandant non pas une mais deux photos d’identité. Puis-je avoir deux photos d’identité 2X2 ?


No, Sorry.
Mais sur la porte vous indiquez 2X2 ID photos, puis-je en avoir deux ?
No, Sir.

Puis-je parler au responsable SVP ? Le manager arrive et je lui demande si je peux avoir deux 2X2 ID photos. La réponse : ‘’No Sir, sorry’’. Mais sur la porte … Réponse : Monsieur, c’est un ensemble, vous devez acheter 4 ID en même temps. Combien? 60 Pesos (1€ à l'époque, 1,20 de nos jours). OK j’en prends 4, même si je dois en jeter deux.

Ce jour la n’était sûrement pas mon jour, car après la commande et m’être fait tiré le portrait pour mes 4 photos d’identité, il me fallait attendre 30 minutes pour le tirage. Midi approchant et mon estomac criant famine, j’ai fait le choix de hamburgers chez MacDo. Mais ceci est une autre histoire, pour un autre post.

Il y a encore quelques années … mais non, on se calme. Il y a également des comportements qui dérangent : ils crachent dans la rue, les hommes pissent partout, matins et soir ils font brûler leurs ordures, ils vous appellent ‘’hey joe’’ plus le bruit qui est un élément très perturbateur pour tous les expatriés qui vivent ici.
Bienvenue au pays pour la difficile et nécessaire période d’adaptation.

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dimanche 19 avril 2015

TODAY ... IS DAY OFF !

Today is a day ‘’Off’’ !

Il me semble me souvenir que mes enfants m’ont dit hier ‘’Papa, nous n’avons pas classes demain’’, mais sans plus et je dois avouer ne pas y avoir prêté plus d’attention.
Il faut dire que les ‘’Chinois’’ sont peu nombreux à Ternate !


Il en est de même pour les ‘’Tsinoy’’, ces philippins descendants de Chinois et qui généralement ne se mélangent que peu avec la population locale, avec ceux que l’on pourrait nommer ‘’les Philippins d’origine’’.
Les Philippines se trouvent sur la route maritime qui reliait directement la Chine à l’Est de l’archipel Indonésien, îles d’où provenaient les bois précieux et les épices hautement appréciés par les Chinois.

Ces derniers s’étaient donc installés, bien avant l’arrivée des Espagnols, en un endroit qui allait plus tard s’appeler Manille. Comme tous bons Chinois, ils y exerçaient les métiers du commerce.

A l’arrivée des Espagnols, la population chinoise de Manille, ville fondée en 1571, est estimée entre six à dix mille individus. Ce qui représente le double d’autres villes de la région, comme Ayutthaya au Siam, Banten et Batavia à Java ou Hoi An au Vietnam. Binondo, située dans le vieux Manille, est la plus ancienne ‘’Chinatown’’ au monde.

La présence de marchands chinois sur l’île de Mindoro, est attestée par des écrits dès l’an 892.

De nos jours, l’on estime à un pourcent la population philippine d’origine cent pour cent chinoise (ce qui nous donne tout de même un million d’individus).

Le Nouvel An Chinois.
Le Niangao, nin gou en cantonais, que l’on traduit parfois par le gâteau du nouvel an chinois, est préparé à partir de riz gluant, ingrédient largement utilisé dans la cuisine chinoise.


Bien qu’il puisse être mangé tout au long de l’année, il est traditionnellement plus populaire durant la période du nouvel an chinois et du Duanwu Festival. Manger du Niangao est considéré porter chance dans la tradition chinoise.

Ce gâteau est censé être offert à la cuisine du Dieu, avec pour objectif que la bouche de ce dernier sera bloquée par le riz gluant et qu’il ne pourra dire des choses désagréables au sujet de la famille devant l’Empereur de jade.

L'Empereur de jade ou Yuhuang Dadi 玉皇大帝, est un dieu chinois d'origine taoïste qui régit les autres dieux, lié au Ciel et à la souveraineté. Il assure en fait cette fonction en concurrence avec Tiangong, le Seigneur du ciel, divinité beaucoup plus ancienne qu'il tend à absorber ; Tiangong devient alors une de ses appellations. Comme tous les dieux importants, il possède d'autres noms moins courants, titres donnés par le clergé taoïste ou l'administration impériale.

Les célébrations du Nouvel An Chinois n’ont qu’un faible impacte sur le reste de la population philippine.
Néanmoins, pour ceux qui seraient intéressés, je vous invite à faire un petit tour du côté de Binondo durant cette période. Là, des Chinois sont engagés dans des festivités qui demeurent impénétrables au profane.

Les échanges et offrandes de ‘’Tikoy’’ entre partenaires commerciaux, ce gâteau de riz brun gluant et collant, qui doit être présenté dans une boîte rouge vif, n’est le plus souvent qu’une tradition, une coutume dirons nous. Car nous sommes loin, très loin même d’un plat gastronomique. 

Ce gâteau pourrait être éventuellement utilisé par un maçon pour assembler des blocs de parpaings, voire par un couvreur pour réparer des tuiles sur une toiture. Ceci pour vous donner une idée de la texture, maintenant pour le goût… essayez vous-même. 


Participer aux festivités du nouvel an chinois, c’est également montrer son appartenance à la communauté. Bien que depuis quelques années la célébration soit devenue plus œcuménique. Plus besoin de prouver sa lignée, plus besoin de prouver que l’on est un quart chinois du côté de la mère et dix pour cent du côté du père, désormais tout un chacun peut participer aux festivités.

Le nouvel an chinois, célébré le 19 février dernier, ouvre l’ère de la chèvre de bois, l’élément. C’est le début de l’an 4713 du calendrier chinois et de l’an 2142 du calendrier bouddhiste. Certains disent que c’est également l’année du mouton et du bouc.

Le gouvernement philippin a décrété le Nouvel An chinois jour chômé sur l’ensemble de l’archipel.
Je pense que c’est une erreur. Non seulement il y a trop de jours chômés au pays des 7.107 îles, ce qui ralentit inutilement le commerce et les affaires, mais cela met également en lumière la communauté chinoise, un peu comme si cette dernière était différente du reste de la population.

Contrairement au Ramadan, qui est une pratique religieuse, le nouvel an chinois est avant tout un festival, festival qui n’a aucun rapport avec une religion, donc une pratique laïque.

Le gouvernement se plierait-il à la prééminence de l’élite financière du pays ?

Mais si l’on observe bien ce qui se passe désormais lors de la célébration du Nouvel An chinois, il apparait que, malgré l’influence généralisée de la Chine dans la région, le festival soit sorti de ses murs et des cercles traditionnels familiaux. La fête semble plus ouverte.

L’on observe que le traditionnel Tikoy, présenté dans sa boîte rouge vif, un gâteau collant qui symbolise le fait que la famille doit demeurer soudée, est peu à peu remplacé par des poissons moulés qui présentent des couleurs chatoyantes.


La salade

La grande nouveauté cette année vient du fait que de nombreux restaurants ont adopté le Yu sang, un plat historique, mais atypique, qui connaît une renaissance soudaine. C’est une sorte de sashimi de saumon, que chacun prépare en salade en y ajoutant et mélangeant les ingrédients de son choix.

S’il est un des plats traditionnels parmi les migrants chinois à Singapour et en Malaisie, il ne fait pas vraiment partie du répertoire Fujian ou cantonais. Je ne l’ai pas testé, mais j’ai fait le tour des grands restaurants de la capitale afin de savoir ce qui était au menu cette année.  

Tous les grands hôtels de la capitale possèdent des restaurants gastronomiques de haut de gamme.
Les clients ‘’Chinois’’, qui détiennent soixante pour cent de la richesse du pays, y sont les bienvenus. À l’occasion du nouvel an chinois, ces derniers, car il faut montrer que l’on a les moyens, vont inviter amis et membres de la famille dans ce qui se fait de mieux et souvent de plus cher.

L’année écoulée a vu l’arrivée de deux nouveaux compétiteurs sur la scène de la gastronomie chinoise :
Lung Hin au Marco Polo et Crystal Dragon à la City of Dreams.

Parmi les trente-sept cinq étoiles de la capitale, nous pouvons citer : l’Ascott Makati, le Peninsula, le Raffles, le Sofitel, le Solar Resort, les Shangri-la (Makati et EDSA), le Oakwood, le Maxim’s, le Marriott, le Manila Hôtel, le Mandarin Oriental, l’Intercontinental, l’Héritage hôtel (attention plus de Casino lors de mon dernier passage), le Fraser Place, sans oublier les Nikko, New word, Hyatt, etc. 

Je tiens à souligner, pour les nouveaux arrivants, pour ceux qui penseraient encore arriver dans un pays en voie de développement, voire de sous-développement, à savoir entre jungle et brousse, que rien que dans la capitale l’on trouve 35 hôtels 5 étoiles, 47 quatre étoiles, que les 3 étoiles sont légion et que par contre, pour les routards, il est beaucoup plus difficile de se loger.


En un sens l’on peut dire que Lung Hin et Crystal Dragon sont similaires aux Shangri-La et anciennement au Mandarin, dans la mesure où ils apportent une façon plus moderne, internationale et novatrice de célébrer le festival.

Les menus proposés au Shang Palace commencent à 19.888 pesos et montent jusqu’à 66.688 pesos, je précise pour dix personnes tout de même. A ce prix l’on trouve ce qui se fait de mieux dans la cuisine traditionnelle chinoise : l’ormeau, le homard, le concombre de mer, le canard laqué, l’équivalent chinois du foie gras truffé, etc.

A noter que l’aileron de requin a totalement disparu de tous les restaurants mentionnés dans ce billet.

Le menu le plus cher au Crystal Dragon s'affiche à 6.888 pesos par tête de type, ceci pour un minimum de quatre couverts ; ce qui fait tout de même plus de € 140 par personne. Je précise sans les alcools et quand on connait le goût de nos amis Chinois pour les cognacs de haut de gamme, l'addition peut rapidement atteindre des sommets himalayens. 

 Le huit est considéré, dans la numérologie chinoise, comme le chiffre qui porte chance, il est suivi de très près par le six, ce qui explique, en partie tout du moins, les prix des menus.
  
Si le nouveau menu du Crystal Dragon a plus de huit dans son prix, il semble avoir moins de plats que son concurrent du Shangri-La Makati et le menu ‘’Bonheur’’ à 3.680 pesos par personne semble plus convainquant.

Sauf à avoir réservé bien à l’avance, sachez qu’il ne reste aucune place de libre dans ces grands restaurants. Mais peut-être aurez-vous plus de chance en vous rabattant sur un de ces excellents restaurants chinois que l’on trouve, en cherchant bien, dans le quartier de Binondo.

Mais ce qui est le plus important, plus important que l’ormeau, les huîtres ou les pâtés et même si les plats riment avec ‘’abondance’’ et ‘’prospérité’’, c’est le plaisir d’être ensemble, en famille, qui prime avant tout. En tenant compte du fait que, pour de nombreux Chinois, les amis sont la meilleure des familles.

A tous, une bonne et heureuse année de la chèvre… de bois.




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 EST-ELLE réelle ?
              Est-elle celle qu’elle
                Prétend être ?

Enquêtes et Investigations
                   Aux Philippines